Les joints d’un carrelage extérieur assurent l’étanchéité, la solidité et la durabilité de votre terrasse ou allée. Sans eux, l’eau s’infiltre, le gel provoque des fissures et les dalles se décollent prématurément. Voici ce que nous allons vous expliquer :
- Pourquoi les joints sont indispensables pour protéger votre carrelage
- Quels matériaux choisir selon votre projet et votre région
- Comment préparer le support et poser les joints correctement
- Les erreurs à éviter pour un résultat qui dure dans le temps
Suivez ces conseils pour réussir votre jointoiement et profiter d’une terrasse impeccable pendant des années.
Pourquoi faut-il faire des joints sur un carrelage extérieur ?
Les joints constituent la protection invisible mais essentielle de votre carrelage. Ils créent une barrière imperméable entre les dalles et empêchent l’eau de pluie de s’infiltrer sous le revêtement. Sans cette étanchéité, l’humidité s’accumule, provoque des gonflements et décolle progressivement vos carreaux.
La solidité de votre installation dépend directement de la qualité des joints. Ils absorbent les dilatations causées par les variations de température et répartissent les charges de passage sur l’ensemble de la surface. Un carrelage sans joints se fissure rapidement sous l’effet des contraintes mécaniques et thermiques.
Le gel représente l’ennemi numéro un des terrasses mal jointoyées. L’eau infiltrée gèle, augmente de volume et fait éclater les carreaux de l’intérieur. Dans les régions froides, ce phénomène de gel-dégel se répète chaque hiver et détruit progressivement votre installation. Des joints bien réalisés empêchent ce processus destructeur.
L’aspect esthétique bénéficie également d’un jointoiement soigné. Les joints donnent un rendu propre et fini à votre terrasse. Ils soulignent le calepinage et créent une harmonie visuelle entre les dalles. Un joint régulier et bien lissé valorise votre aménagement extérieur et augmente la valeur de votre propriété.
Quel matériau utiliser pour faire des joints extérieurs durables ?
Le mortier de jointoiement spécial extérieur reste le choix privilégié pour la plupart des terrasses. Sa résistance aux intempéries, aux UV et au gel en fait un allié fiable. Vous trouvez plusieurs variantes adaptées à différentes situations et budgets.
Le mortier époxy offre une étanchéité maximale et résiste parfaitement aux taches. Nous le recommandons particulièrement autour des piscines où l’eau et les produits chimiques attaquent constamment les joints. Son prix varie entre 25 € et 45 € le sac de 5 kg, soit 5 € à 9 € par mètre carré. Il demande une pose soignée car il durcit rapidement.
Le mortier à base de ciment flexible convient aux grandes surfaces et aux supports qui bougent légèrement. Sa souplesse absorbe les mouvements du sol sans se fissurer. Comptez 15 € à 25 € pour un sac de 5 kg. Cette solution polyvalente s’adapte à la majorité des projets de terrasses résidentielles.
| Type de mortier | Prix au sac (5 kg) | Prix au m² | Avantages principaux |
|---|---|---|---|
| Époxy | 25–45 € | 5–9 € | Étanchéité maximale, résiste aux produits chimiques |
| Ciment flexible | 15–25 € | 3–5 € | Polyvalent, absorbe les mouvements |
| Bicomposant | 30–50 € | 6–10 € | Excellent contre gel-dégel |
| Polymère | 20–35 € | 4–7 € | Séchage rapide, facile à poser |
Le mortier bicomposant excelle dans les régions froides. Sa formule enrichie résiste aux cycles répétés de gel et de dégel. Les joints conservent leur élasticité même par -15 °C. Prévoyez 30 € à 50 € le sac pour cette protection renforcée.
Le sable polymère constitue une alternative intéressante pour les pavés et les pierres naturelles. Il se glisse facilement entre les joints étroits et durcit au contact de l’eau. Sa mise en œuvre rapide séduit les bricoleurs débutants. Un sac de 20 kg coûte entre 15 € et 30 € et couvre environ 5 à 8 m².
Comment bien préparer le support avant de jointoyer ?
La stabilité du support conditionne la réussite de votre jointoiement. Vérifiez que la dalle de béton ou le lit de pose ne bouge pas sous la pression. Appuyez fermement sur chaque carreau pour détecter les éventuels mouvements. Un support instable provoquera des fissures dans les joints dès les premières semaines.
La propreté du chantier compte énormément. Aspirez ou balayez soigneusement entre les carreaux pour éliminer poussières, graviers et résidus de colle. Ces impuretés empêchent le mortier d’adhérer correctement et créent des points faibles. Passez un pinceau sec dans chaque interstice pour un nettoyage parfait.
Le taux d’humidité doit être contrôlé avant de commencer. Attendez 24 à 48 heures après la pose des dalles pour laisser sécher la colle complètement. Un support humide dilue le mortier et affaiblit sa résistance. Testez avec votre main : si vous sentez de la fraîcheur, patientez encore.
La pente d’écoulement représente un point technique fondamental. Votre terrasse doit présenter une inclinaison minimum de 1,5 % (soit 1,5 cm par mètre) pour évacuer l’eau de pluie. Utilisez un niveau à bulle et une règle de maçon pour vérifier cette pente. Une terrasse plate accumule les flaques qui détériorent progressivement les joints.
L’espacement entre les dalles nécessite une attention particulière. Maintenez un espace régulier d’au moins 5 mm entre chaque carreau. Cette distance permet au carrelage de se dilater sous l’effet de la chaleur sans créer de tensions. Des croisillons en plastique garantissent cet écartement uniforme durant la pose.
Étapes pour poser les joints de carrelage extérieur
La préparation du mortier démarre par un dosage précis selon les instructions du fabricant. Versez l’eau dans un seau propre puis ajoutez progressivement la poudre en remuant. Mélangez avec une spatule ou un malaxeur électrique jusqu’à obtenir une consistance de pâte dentifrice épaisse. Un mortier trop liquide coule et manque de résistance. Trop sec, il devient impossible à étaler.
Travaillez par zones de 2 à 3 m² pour éviter que le produit ne sèche prématurément. Déposez une quantité généreuse de mortier sur les carreaux avec une spatule en caoutchouc ou une raclette. Étalez le produit en diagonale pour remplir tous les interstices. La diagonale force le mortier à pénétrer en profondeur sans vider les joints fraîchement remplis.
Le remplissage complet des joints garantit l’étanchéité. Appuyez fermement avec la raclette pour chasser les bulles d’air et combler le moindre vide. Passez plusieurs fois sur la même zone en croisant les directions. Les poches d’air deviennent des points d’entrée pour l’eau et le gel.
Le lissage intervient 10 à 15 minutes après l’application, quand le mortier commence à tirer. Passez votre doigt ou un fer à joint légèrement humide le long de chaque ligne. Ce geste crée une surface lisse et compacte qui résiste mieux à l’érosion. Vérifiez que le joint reste légèrement en retrait par rapport au carreau (1 à 2 mm).
Le nettoyage des dalles s’effectue immédiatement après le lissage. Utilisez une éponge humide bien essorée et frottez en mouvements circulaires. Rincez l’éponge fréquemment dans un seau d’eau propre. Évitez de mouiller excessivement les joints frais qui perdraient leur cohésion. Changez l’eau dès qu’elle devient laiteuse.
Conseils de séchage et nettoyage après jointoiement
Le temps de séchage varie selon les conditions météorologiques et le type de mortier utilisé. Comptez minimum 24 heures par temps sec et ensoleillé, jusqu’à 48 heures si l’humidité ambiante dépasse 70 %. La température idéale se situe entre 15 °C et 25 °C. Au-dessus de 30 °C, le mortier sèche trop vite et risque de se fissurer.
L’interdiction de circulation doit être strictement respectée pendant le durcissement. Posez des barrières ou du ruban de chantier pour empêcher les passages. Une simple empreinte de chaussure peut affaisser le joint et créer une faiblesse permanente. Les animaux domestiques doivent également être tenus à l’écart.
Un voile blanchâtre apparaît parfois sur les carreaux après séchage. Ce film calcaire provient des sels du ciment qui remontent en surface. Éliminez-le avec un nettoyant spécial laitance dilué selon les recommandations du fabricant. Frottez avec une éponge abrasive douce puis rincez abondamment. N’utilisez jamais de produits acides qui attaquent les joints neufs.
La protection finale passe par l’application d’un hydrofuge après 3 à 4 semaines de séchage complet. Ce traitement invisible pénètre dans les pores du joint et repousse l’eau, les taches et les UV. Appliquez deux couches au pinceau ou au pulvérisateur en respectant un temps de séchage de 2 heures entre chaque couche. Renouvelez ce traitement tous les 2 à 3 ans.
À retenir :
- Attendez 24 à 48 heures avant toute circulation
- Nettoyez le voile blanc avec un produit spécial laitance
- Protégez avec un hydrofuge après 3 à 4 semaines
- Travaillez entre 15 °C et 25 °C pour un séchage optimal
- Interdisez l’accès aux personnes et animaux durant le durcissement
Entretien et réparation des joints extérieurs
Un nettoyage régulier préserve l’aspect et la durabilité de vos joints. Brossez la terrasse deux fois par an avec une brosse à poils souples et de l’eau savonneuse. Le printemps et l’automne constituent les périodes idéales pour cet entretien. Évitez les nettoyeurs haute pression qui creusent les joints et délogent le mortier.
Les produits de nettoyage neutres respectent la chimie du mortier. Les détergents au pH compris entre 6 et 8 conviennent parfaitement. Bannissez l’eau de Javel, le vinaigre blanc et les nettoyants acides qui dissolvent le ciment progressivement. Ces produits agressifs réduisent la durée de vie de vos joints de plusieurs années.
L’inspection visuelle annuelle permet de détecter les problèmes précocement. Examinez chaque zone en cherchant les fissures, les trous et les décolorations. Les joints qui s’effritent ou se creusent signalent une dégradation à traiter rapidement. Notez les zones problématiques sur un plan pour organiser les réparations.
La réparation d’un joint abîmé nécessite de retirer complètement la partie défectueuse. Grattez avec un grattoir triangulaire ou une lame de scie sur 1 à 2 cm de profondeur. Aspirez les débris et humidifiez légèrement le fond du joint. Appliquez le nouveau mortier en pressant fermement. Assurez-vous d’utiliser le même type de produit que l’installation d’origine pour éviter les différences de teinte et de texture.
Erreurs fréquentes à éviter lors du jointoiement
Jointoyer par temps inadapté compromet définitivement votre travail. Ne commencez jamais quand la température descend sous 5 °C ou dépasse 30 °C. Le gel dans les 48 heures suivant la pose détruit la cohésion du mortier. La chaleur excessive fait évaporer l’eau trop rapidement et crée des fissures de retrait. Consultez la météo sur 3 jours avant de planifier vos travaux.
Le non-respect des temps de séchage entre la pose et le jointoiement provoque des décollements. La colle du carrelage doit durcir complètement avant que vous n’ajoutiez le poids et l’humidité du mortier. Patienter 24 heures minimum évite les mouvements de dalles qui fissurent les joints instantanément.
Un dosage approximatif du mortier génère des problèmes mécaniques. Trop liquide, il coule entre les carreaux et ne durcit jamais correctement. Trop sec, il reste grumeleux et ne remplit pas uniformément les joints. Pesez les quantités avec précision ou choisissez des sachets pré-dosés qui éliminent ce risque d’erreur.
Marcher sur la terrasse avant durcissement complet laisse des marques définitives. Les empreintes créent des cuvettes où l’eau stagne et accélère la dégradation. Même après 12 heures de séchage, les joints restent fragiles. Respectez scrupuleusement le délai de 48 heures avant la première utilisation.
La négligence du matériel souille inutilement votre installation. Nettoyez seaux, spatules et raclettes immédiatement après usage. Le mortier durci sur les outils tombe ensuite en morceaux dans les joints frais. Gardez plusieurs seaux d’eau propre à disposition pour rincer régulièrement vos équipements.
